leysin

Leysin est l’un des plus anciens villages de haute altitude du canton de Vaud. Il est mentionné pour la première fois dans un document savoyard de 1231 sous le nom de Leissins. D’abord rattaché à la maison de Savoie, il passe ensuite dans une relative autonomie sous le régime bernois dès 1475. Opposé à la Révolution vaudoise de 1798, Leysin reste fidèle à Berne jusqu’à la proclamation de l’indépendance du Pays de Vaud en 1803.
Alors que l’on comptait trois cent cinq âmes en 1313 puis quatre cent quinze en 1850, les habitants vivaient presque exclusivement de la culture du blé, du chanvre, du lin ainsi que de l’élevage de bétail. Le village est situé sur un plateau à 1260 mètres d’altitude, orienté plein sud au pied de la chaîne des Tours d’Aï. La durée moyenne de la vie au XVIIIe siècle y était de soixante ans, alors qu’elle n’était que de huit ans à peine dans le reste de l’Europe à cette même période.
C’est dans son « Mémoire sur l’état de la population dans le pays de Vaud » paru en 1766 que le pasteur vaudois Jean-Louis Muret (1715-1796) met en exergue l’incroyable longévité des habitants de Leysin. Elle est ensuite remarquée par l’économiste britannique Thomas Robert Malthus (1766-1834) dans son « Essai sur le principe de la population en 1798 ». En 1828, le Docteur Bezencenet s’était aperçu que les « crétins », alors fréquents dans la plaine du Rhône, en redescendaient vifs et éveillés après un séjour d’un an ou deux au village. En janvier 1873, on envoya pour la première fois un client étranger puis durant l’été 1878, une première pension s’ouvrit. En octobre 1882 arrivait la première malade pour la cure d’hiver. Le 25 août 1892, alors que l’on comptait cinq cents habitants à Leysin, on inaugura le Grand-Hôtel, premier centre médical dédié à la cure de la tuberculose pulmonaire. Dès lors, la période des grands sanatoriums avec ses cures d’air et de soleil débute. Elle contribuera à la renommée internationale de cette petite station inconnue des Alpes vaudoises.
En 1903, le professeur Auguste Rollier (1874-1954) fonde les préceptes de l’héliothérapie, antidote à base de repos et d’ensoleillement maximum. À cette même date, il ouvre sa première clinique « Le Chalet » destinée aux enfants. En 1910, il ouvre un premier établissement pour les garçons prétuberculeux « Les Noisetiers », puis quelque temps après, une seconde « école au soleil » réservée cette fois-ci aux filles « La Violette ». En 1940, il est responsable de dix-huit cliniques accueillant près de 1500 tuberculeux. En 1946, la station compte en moyenne trois mille cinq cents malades soignés dans plus de huitante sanatoriums. Dès 1950 cependant, l’arrivée des nouveaux traitements antibiotiques annonce la mort silencieuse des établissements de cure. Face à la nécessité économique, Leysin doit se convertir en une station de tourisme. Avec succès, les anciens sanatoriums sont transformés en complexes hôteliers, en écoles privées internationales ou sont tout simplement détruits. Leysin est le dernier village de Suisse romande à se convertir en une station touristique d’hiver et d’été.