gryon

Dépendance de Bex lors de l’occupation des Burgondes dès 442 puis sous la domination des Francs dès 534, le territoire de Gryon dépendait de l’Abbaye de St-Maurice dès le XIIe siècle. En 1189, l’Abbé Guillaume de Saint-Maurice donna à Guillaume de Griuns et à ses héritiers, moyennant une redevance annuelle de vingt sols, la terre de Gryon que Pierre de Griuns avait donnée en aumône à l’Abbaye.

Jouissant de privilèges importants à l’époque des Comtes de Savoie (1207-1536), les habitants de Gryon refusent néanmoins de suivre la bannière savoyarde partie défendre le comté du Valais. Le 8 février 1375, le comte Amédée VI les exempta du paiement de l’amende qu’ils avaient encourue à cette occasion, moyennant vingt florins d’or. Par un acte daté du 31 octobre 1476, Gryon passa ensuite sous la domination des Bernois venus conquérir le territoire occupé par la maison de Savoie. Durant toute cette période, l’Abbaye de St-Maurice continua à posséder la seigneurie de Gryon.

Le 13 juillet 1719, jour de la montée à l’alpage, un incendie gigantesque frappa trente-six chalets à Taveyanne. Trois heures plus tard, vingt-six maisons d’habitation, vingt-quatre granges et dix-huit greniers partent en fumée à Gryon. Trois hommes sont soupçonnés d’avoir contribué à l’incendie et sont déférés à Leurs Excellences de Berne le 12 février 1720. Acquittés, ils auront toutefois subi des tortures tout au long de leur détention et devront régler les frais de justice.

Au début du XVIIIe siècle, afin d’avoir le bois nécessaire à l’exploitation des mines de sels de Bex, le gouvernement bernois s’attribua la propriété des forêts de toute la région. A Gryon, cette ligne de partage fut marquée par des pieux marqués par l’ours de Berne. Armés de haches, les Gryonnais, seuls, allèrent enlever « ces marques de voleurs ». Ce sont ces mêmes haches qui sont représentées aujourd’hui sur ses armoiries, la croix symbolisant que Gryon fut autrefois une terre appartenant à l’Abbaye de St-Maurice. La déclaration de l’indépendance vaudoise de 1798 marquera finalement la fin de l’occupation.

Vivant principalement de l’agriculture jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle, la population était de deux cent cinquante-six habitants en 1803 et de trois cent trente-huit en 1860. Elle est de mille deux cent quarante-huit habitants au 31 décembre 2014. La peste qui avait enlevé une grande partie de la population en 1349 (cinq cent quarante habitants en 1337 et trois cent quinze en 1360), fit encore des ravages importants en 1619 et en 1640.

Avec la construction de la route carrossable entre Bex et Gryon en 1857 et le chemin de fer Bex-Gryon inauguré le 3 juin 1900, le tourisme estival prend son essor. On construit les premiers chalets de résidents secondaires, principalement pour des familles venues de Lausanne, de Genève ou de l’étranger. De nombreuses pensions s’ouvrent, on construit le premier chalet de vacances en 1860. Dès 1870, Juste Olivier (1807-1876), écrivain, poète, et romancier vaudois, y vivra les dernières années de sa vie et composera deux poèmes sur la région: « La Taveyanne » en août 1869 et « Adieux à Taveyanne » en 1873. En décembre 1910, un projet de chemin de fer à crémaillère est lancé par un groupe d’hôteliers « Amiguet frères ». Reliant Gryon au sommet des Diablerets, le projet est finalement abandonné en 1914 suite aux nombreux mouvements de contestations menés notamment par le Club Alpin Suisse.

A partir de 1900, le tourisme d’hiver fait son apparition, le ski-club est fondé en 1908 et on construit une télécabine en 1956, puis des remontées mécaniques. On crée un hameau de vacances sur l’Alpe des Chaux en 1968.

Aujourd’hui, les plus grands hôtels ont disparu, les homes d’enfants et les colonies de vacances également. Mais la qualité de vie remarquable qu’offre Gryon et l’évolution actuelle de son tourisme offrent à ses habitants ainsi qu’à ses hôtes occasionnels une ambiance chaleureuse et harmonieuse dans une région où il fait bon vivre!

Le village de Gryon, ainsi que le patrimoine bâti du hameau de Taveyanne, font partie de l’Inventaire fédéral des sites construits à protéger en Suisse.

Gryon, l’église
© Artist. Atelier H. Guggenheim & Co., Editeurs, Zürich, carte datée de 1906

Viaduc sur la Gryonne
© Editeur, Comptoir de Phototypie, Neuchâtel (Suisse)

Gryon et les Dents du Midi
© Phot. Edit. O. Sartori, Lausanne

Bex-les-Bains-Gryon-Villars-Chesières-Bretaye

Chemin de fer électrique à crémaillère, Bex-Gryon-Villars

Gryon – La gare et la Dent du Midi

Vaud-Gryon, la gare et la Dent du Midi
© Photoglob, Zürich, www.photoglob.com

Gryon et Dents du Midi (3260m)
© Phototypie Co., Neuchâtel

Eglise de Gryon et Dent du Midi
© C.P.N.

Bex-Gryon-Villars, cahier publicitaire de 1905

Affiche pour le chemin de fer Bex-Gryon-Villars par Anton Reckziegel, 1900
Lith. artist Hubacher-Biedermann, Berne, 70 x 102cm, collection Mandement de Bex

Panorama de Villars, Chemin de Fer Electrique Bex-Gryon-Villars

Gryon et Dents du Midi
© Editeur, Comptoir de Phototypie, Neuchâtel (Suisse)

Gryon et les Dents du Midi
© C.P.N.

L’église de Gryon et les Dents du Midi
© Seal Edit. d’Art R.E. Chapallaz fils, Lausanne, carte datée de 1929

Le train Bex-Gryon-Villars
© L. Butner, Phot. édit., Villars-Chesières, carte datée de 1911

Gryon et la Dent du Midi
© E. Rossier, Nyon, carte datée de 1907

Pont sur la Gryonne et Dents du Midi
© H.G. & Co, carte datée de 1907

Gryon et les Dents du Midi
© Marcel ROUGE, Editions Sartori, Lausanne, carte datée de 1961

L’église de Gryon et les Dents du Midi
© Rob. E. Chapallaz, Lausanne, carte datée de 1922

Chemin de fer Bex-Gryon-Villars-Chesières et les Dents du Midi (3260m) à Fontannaz-Seulaz
© Edit. Art. S.A. Schnegg, Lausanne

Chemin de fer Bex-Gryon-Villars et la Dent du Midi
© E. Rossier, Nyon, carte datée de 1910

Chemin de fer Bex-Gryon-Villars